KALEIDOScomedie

_Démarche artistique

Nous cherchons un langage plastique, scénique et gestuel, in situ, à l’intention d’un monde en transformation, en chantier permanente, se construisant et se ruinant, dans lequel une communauté s’interroge sur son histoire, son avenir, ses dépendances, sa propre émancipation.
_ Quelques éléments de la pratique plastique que nous développons

IN SITU :
Dans les lieux et ses alentours, dans notre quotidien artistique, nous photographions. Nous y faisons des moulage en plâtre d’éléments qui expriment une certaines temporalité. Nous y enregistrons des entretiens. Nous ramenons dans notre atelier des fragments.

L'aspect in situ de notre travail, nécessite que nous nous situons, que nous explorons. Nous essayons de rencontrer les acteurs (habitants, architectes, urbanistes, l’administration...) qui y agissent et d'interroger son devenir, comme « un état des lieux ». Nous constatons les flux d'information qui lient les acteurs les uns aux autres et les acteurs au terrain. Notre intention est d'être «passage », c'est à dire, d'expérimenter des canalisations de ces flux ; comme un accélérateur de particules qui rend visible des relations (La ruine visionnaire.).

Nous glanons du liant. Le « glanage », est un droit d'usage.

« -Notre art est un art de survie. Le glanage est une pratique avec une histoire, un pratique écrit dans le droit et d’ont l évolution est a été déter- minée par la politique.
La mécanisation des campagnes, la spéculation foncière, le poids de la grande distribution dans les habitudes d'alimentation ont conduit a déserter ces démarches solidaires entre propriétaires/exploitants et précaire qui « font société2 ».

Le glanage est une façon particulière de distribuer les moyens de survie, qui fait société entre propriétaires et précaires. Dans l’environnement, dans le site, dans et autour de l’espace d’exposition, au coin de la rue, là-bas et donc au monde, nous récupérons des matières premières comme une briques rouges, un morceaux de meubles éjectés sur le trottoir, des fragments porteurs d’histoires ; les matières et matériaux les plus inattendus, une forme, une couleur, une lumière, jusqu'à ce que photographier aussi devient glaner.

Des images nous tirons des affiches, des cartes postales... Puis ceux-là sont intégrés dans une architecture intérieure dégrée zéro, par exemple, une plaque de plâtre visée sur quelques tasseaux, puis la photo collé sur la plaque, un moulage de plâtre ressemblant à une poutre qui transperce l'image et son support, le tout se déplace comme sur des échasses ... deux performeurs activent une sculpture cinétique, en transformation plastique, scénique et gestuel.
Ainsi nous mettons en chantier les frontières même entre l’image, le lieu qui y a donné naissance, les gestes de sa fabrication, le dispositif dans lequel elle est donnée à voir... Nous documentons tout de manière plastique, photographique, sonore, et audio-visuel. Le site inspire une forme particulière à l'archivage de ces documents. Cela produit une nouvelle strate au site, que nous incluons dans une prochaine étape de glanage. Là recommence le cycle de cette ouvrage.

_Le site actuel de notre travail

Au centre de Bruxelles, à la Zennestraat 80-88, se trouvent de vieux appartements et, cachés derrière, les bâtiments d’une ancienne usine de meubles - des hangars, d’anciens ateliers et des bureaux. La ville de Bruxelles y prévoit la construction d’une nouvelle école. Date cible pour l’ouverture d’une première classe : septembre 2021. En attendant le début du chantier, depuis deux ans la régie foncière bruxelloise a mis en location le tout. Une vingtaine d’artistes habitent les appartements et ont collectivisé les hangars, ateliers et cætera, tout en montant une collaboration avec plusieurs initiatives sœurs concernant des ateliers d’artiste en bail précaire à Bruxelles. On pourrait dire, des glaneurs d'espace.

Dans un de ces hangars de la Zennestraat, nous étions invités en résidence en août dernier avec un deuxième volet prévu printemps 2019.

Cognement exaltant de trafics symbolique sur ce site: son histoire d'usine ; l’actuel devenir du collectif artistique ; les chantiers artistiques des utilisateurs; la fin ou le déplacement éventuel de tout cela; la démolition des bâtiments industriels ; le futur bâtis scolaire et son chantier ; l’école comme lieux de construction de vie; tout ces flux transformateurs viennent nous habiter, nous exciter.

Bâtir un habitacle :

Les matériaux aussi nous habitent. Nous sommes leurs habitacle en devenir.

_Le plâtre, il rentre dans une économie légère ; sa rapidité à durcir demande un travail en urgence; séduisant, sa nudité en sortant de son moule ; le résultat lourd et en même temps aéré ; et sa fragilité fascinant.

_Matériaux de construction de bâtiment, icône de la société moderne ; produit de masse, tels plaques Gyproc – marque devenue nom ; tasseaux de bois trouvé au glanage, planches, parpaings, restes de ciment, plaques d’isolation, briques...

_Papier : le support de l'image ...

_Carton : abondamment offert au glanage, tellement présent dans le décor urbain ; matière primaire universelle au bricolage ; entre le 2D et le 3D

_Banque d’images photographiques : poétique et théâtre de la ville, la surabondance d'images. Images classifiées de et par la raison moderne. Ville condition de l'archivage. Histoire de l'argentique au numérique. Trompe-l’oeil.

_Banque sons et interviews : voix, document sonore,